LA COMTESSE
Non, Je nMnvoqae point les filles du Permesse ; Ce n'est point à Phébus qu'aujourd'hui je m'adresse : Assez d'autres sans moi, dans leurs frivoles chanti. Prodiguent à ce dieu leurs vœux et leur encens; Mol j'invoque la Mort. O déesse homicide , Toi qui moissonnes tout dans ta course rapide, O Mort, viens m'anlmer! di...
DUBT. Ah ! que c'est beau !
ABLEQ. Ahl que c'est beau!
Argent. C'est trop beau.
LA comtesse.
0 Mort , Viens m'anlmer t dirige mes travaux Conduis mes pas tremblants au milieu des tombrau\ > Viens d'un squelette humain me montrer la structure ; Lalise-mol dans son flanc retrouver la nature; l.alue-rool dlstlngner jusqu'à ses moindres traits , Et, le scalpel en main, t'arracher les secrets ! O Mort, à ton flambeau J'allume mon génie, Et Je veux te forcer d'ajouter * la vie !
Voilà Tin vocation t qu'en dites-vous?
DUBV. Madame, c'est fort beau , c'est sublime. Abijiq- Oh ! superbe!
DUBV. Vous me permettrez pourtant une petite observation : vous finissez là par ce beau vers :
O Mort , à ton flambeau J'allume mon génie.
La mort a-t-elle un flambeau?
La COMT. Sans doute, monsieur, le flambeau de la mort; mais c'est connu.
ABLEQ. Oui ; mais cependant... je suis de l'avis de BI. Dnrval, moi.
La comt. Je vous assure, messieurs, que je ne m'attendais pas à cette oitjection; elle n'est pas fondée, c'est un de mes plus beaux ters. Qu'en dites- vous , madame?
ABGENT. Ma foi , madame, les autres me paraissent de la même force.
508 ABLEQOIX HAÎTBB DE MAISOU.
La roBT. Vous êtes bien honnête; mais cependant celni-là est bien plm fortement créé, et je sais étonnée qn'U ne aoit pas da eoèt de M. DnrraL
DciT. Ma fui, madame la oomtnBe, je vons eonaeiile de l'dier. Ota4r, croyez-mot, vous en ferez aisément on antre; mais donnez-moi cette marque d'amitié, je vous en supplie; et, pour tous en manpier ma reconnaissance, j'ai un épisode tout fût, dans mon portefenOie, «pK je ▼ons donnerai : vous le mettrez dans TOtre pofinie.
LA oovT. II est bien question de Totre épinde!
IIVBY .Madame , c'est l'histoire de Pyrame et Thisbé ; et je tous réponds qu'avec cpiatre vers, deux an commencement, deux à la fin, vous rcncadrerez à mcnreiUe.
La cobt. Bah ! tous ne savez oc que vous dites, et je ne vous achèverai pas mon poème ; en vérité, j^avais roeillcnre opinion de votre goAL Je n'en puis pins, je me sois épuisée pour vous dire ce peu de vcn; j'ai besoin de regagner mon IIL Adieu, monsieur Artequin; adieu, madame; je me meurs : voilà mes vapenrs qui me prennent
Ableq. Permettez qœ je vous donne la main.
La C09T. Non, non, lainez-moi, an nom de Dieu, laissez-moi m'en aller : je me meurs^ C Elle sort. )