‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 306 sur 319 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LTSIS, HTRTIL.

Mtit. Je Tom cherchais, Lysis; prenez part à ma Joie, j'entrerois un rayon d'espérance. Mon père , mon père nous sera peut-être rendu.

Lts. Âh ! plût au ciel ! Et par quel prodige ?

Mtbt. Il n'avait plus qu'un souffle de vie quand je sois arrivé près de lui. Mes frères, à genoux autour de son lit, levaient leurs mains an ciel, et pleuraient. Je cours, je m'élance au milieu d'eux, je me jette ail cou de mon père-.. Ce bon père t il s'est ranimé , il a rappelé ses forces pour me serrer contre son cœur : Tu me manquais, m'a-t-il dit en s'efforçant de sourire ; j'étais fâché de mourir sans ravoir dit mon dernier adieu. Je n'ai pu lui répondre , je n'ai pu que le presser en sanglotant. Biais tout à coup un dieu sans doute m*a inspiré : je me suis souvenu de vous avoir entendu dire qu'au sommet de la grande montagne habitait un vieux berger nommé Lamon , qui passe pour avoir appris d'Apollon même l'art de guérir tous les maux.

Lys. Je ne sais s'il vit encore.

Myrt. Je me suis arraché des bras de mon père , j'ai pris ma course ; et« sans m'arrêter, j'ai monté la grande montagne. J'ai cherché , j'ai appelé Lamon ; j'ai parcouru dans un instant tous les lieux où je pouvais le r^icontrer. Je l'ai vu enfin , je l'ai vu assis au pied d'un chêne, occupé d'examiner les simples qu'il avait cueillis. Je me suis précipité à ses pieds : Sauve mon père l lui ai-je dit ; mon père va mourir, viens le rendre à la vie. Je donnerai tout ce que j'aurai jamais. A présent je ne possède rien ; mais je serai riche un jour, et tout mon bien t'appartiendra. En parlant ainsi , j'avais saisi sa main , et je l'entraînais vers notre chaumière. Mon enfant , m'a-t-il répondu en marchant le plus vite qu'il pouvait, je n'ai pas besoin d'acquérir du bien , et mon cœur a besoin d'en faire. J'essayerai de guérir ton père; et si mon maitre Apollon m'accorde encore ce succès, je ne veux recevoir d'autre don de toi que celui de ta houlette : c'est, la plus belle que j'aie vue ; je la pendrai, en action de grâces, à un vieux laurier que j'ai consacré à Apollon.

Lys. Lamon est toujours le même ; sa piété envers les dieux égale seule sa générosité.

Mybt. Hélas! en demandant ma boulette, il m'a demandé mon pins cher trésor. C'était un don de ma bergère : j'avais juré de mourir plulôt que de m'en séparer. Mais mon serment, et ma houlette, et ma bergère elle-même , ne me sont pas si chers que mon père. J'ai dévoré mes larme», j'ai affecté de sourire ; et, quoiqu'il m'eût été plus doux de domier à Lamon dix ans de ma vie , j'ai remis ma houlette dans ses mains.

Lys. Eh bien ! Lamon guérira-t-il Ménalqne?

Mybt. 11 l'a vu , il l'a interrogé, l'a examiné longtemps , et a gardé un profond silence. Mes frères et moi nous avions les yeux fixés sur Lamon t notre salut ou notre perte dépendait du mot qu'il allait prononcer. Enfin il nous a dit : Espérez ; je crois pouvoir guérir votre i>ère. A cette parole ,

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nous sommes tous tombés à ses genoux, et nous l'avons adoré comme un> dieu« Lamon pleurait ; il nous a relevés , et nous a fait sortir de la cabane , où il est seul avec mon père* J'ai profité de ce moment , Lysis , pour ventar vous annoncer notre bonheur, pour venir voua demander d'intéreaer les dieux an succès.

Lys. Oui , Je cours les implorer; je vais achever un sacrifice qui vous fera verser des larmes de reconBaissanoe quand vous saurez qui Ta offert

{Tl tort)

Mybt. Ah l Je vous suis, Lysis... Mais vold Chloé, Je veux Tinstniirede mon bonheur.

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