‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 316 sur 319 · LES GOURMETS · texte numérisé non relu

LES GOURMETS

Sur un vin frais cuvé le maître d'un logis Tenait conseil , interrogeait mn. monde ;

La tasse courait à la ronde; :

Il voulait que chacun en donnftt son avis.

L'un , le goûtant à vingt r^^rises ,

Très-élégamment décidait Qu'il était fait exprès pour les tables exquises ^ Un autre , en l'avalant ^ opinait du godet. Ce vin , tout d'une voix , vaut la liqueur suprême

Dont les dieux s'enivrent là-haut :

On eût défié Bacchus même

D'y trouver le moindre défaut.

Arrivent deux gourmets , docteurs en Fart de boîre , Le marguillier Lucas et le syndic Grégoire ; On leur en ML goûter. Eh bien ! qu'en dites- vous ?

Votre avis n'est-il pas le nôtre?

Il sent le fer, dit l'un : le cuîr aussi , dit l'autre. Bon , dit-on, quelle idée l et d'où viendraient ces goûts ? Le bachique sénat les croit devenus fous. On les raille à Fenvi ; mais courte fut la joie;

L'événement vint les justifier.

On trouve en le vidant , dans le fond du cuvier, Une petite clef pendant à sa couoroie ; Et railla bien qui railla le dernier.

Auteurs , à mille gens votre ouvrage a su plaire ; On le dit excellent : ne vous^ y fiez pas.

Maint défaut échappe au vulgaire , Qu'apercevront les délicats.

FABLE XI

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