‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 34 sur 319 · LE PHÉNIX · texte numérisé non relu

LE PHÉNIX

Le phénix , venant d'Arabie , Dans nos bois parut un beau jour : Grand bruit chez les oiseaux; leur troupe réiinie Yole pour lui faire sa cour.

té FABLES.

Chacun l'observe, Texamine :

Son plumage, sa voix, son chaut mélodieux ,

Tout est beauté, grâce divine ;

Tout charme l'oreille et les yeux.

Pour la première fois , on vit céder l'envie Au besoin de louer et d'aimer son vainqueur. Le rossignol disait : Jamais tant de douceur

IV'enchanta mon âme ravie.

Jamais, disait le paon, de plus belles couleurs

N'ont eu cet éclat que j'admire ; 11 éblouit mes yeux, et toujours les attire. Les autres répétaient ces éloges flatteurs ,

Vantaient le privilège unique De ce roi des oiseaux , de cet enfant du ciel , Qui, vieux, sur un bâcher de cèdre aromatique. Se consume lui-même , et renaît immortel.' Pendant tous ces discours , la seule tourterelle ,

Sans rien dure, fit un soupir.

Son époux, la poussant de l'aile,

Lui demande d'où peut venir

Sa rêverie et sa tristesse :

De cet heureux oiseau désires-tu le sort ?

— Moi ! mon ami , je le plains fort;

II est le seul de son espèce.

FABLE XIV

Page 1