‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 40 sur 319 · LE ROI DE PERSE · texte numérisé non relu

LE ROI DE PERSE

Un roi de Perse, certain jour.

Chassait avec toute sa cour.

Il eut soif, et dans cette plaine

On ne trouvait point de fontaine.

Près de là seulement était un grand jardin Rempli de beaux cédrats, d'oranges, de raisin :

A Dieu ne plaise que j'en mange !

Dit le roi, ce jardin courrait trop de danger :

Si je me permettais d'y cueillir une orange, Mes vizirs aussitôt mangeraient le verger.

FABLE XXII

LE UNOT.

Une linotte avait un fils,

Qu'elle adorait , selon Pusage :

C'était Tunique fruit du plus doux mariage , Et le plus beau linot qui fût dans le pays. Sa mère en était folle, et tous les témoignages Que peuvent inventer la tendresse et l'amour Étaient pour cet enfant épuisés chaque jour. Notre jeune liaot , fier de ces avantages , Se croyait un phénix , prenait l'air suffisant ,

Tranchait du petit important

Avec les oiseaux de son ôge ; Persiflait la mésange ou bien le roitelet ,

Donnait à chacun son paquet , £t se faisait haïr de tout le voisinage. Sa mère lui disait : Mon cher fils , sois plus sage, Plus modeste surtout. Hélas ! je conçois bien Les dons , les qualités qui furent ton partage ;

Mais feignons de n'en savoir rien ,

Pour qu'on les aime davantage.

A tout cela notre linot

Répondait par quelque bon mot.

La mère en gémissait dans le fond de son âme.

Un vieux merle , ami de la dame , Lui dit : Laissez aller votre fils au grand bois;

Je vous réponds qu'avant un mois 11 sera sans défauts. Vous jugez des alarmes De la mère , qui pleure et frémit du danger. Mais le jeune linot brûlait de voyager :

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