‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 44 sur 319 · LE SANGLIERET LES ROSSIGNOLS · texte numérisé non relu

LE SANGLIERET LES ROSSIGNOLS

Un homme riche , sot et yain , Qualités qui parfois marchent de compagnie, Croyait pour tous les arts avoir un goût divin , Et pensait que son or lui donnait du génie. Chaque jour à sa table on voyait réunis Peintres, sculpteurs, savants , artistes , beaux esprits,

Qui lui prodiguaient les hommages.

Lui montraient des dessins, lui lisaient des ouvrages , Écoutaient les conseils quMl daignait leur donner, Et l'appelaient Mécène en mangeant son dîner. Se promenant un soir dans son parc solitaire , Suivi d'un jardinier, homme instruit et de sens, Il vit un sanglier qui labourait la terre , Comme ils font quelquefois pour aiguiser leurs dents. Autour du sasglier les merles, les fauvettes , Surtout les rossignols, voltigeant , s*arrétant , Uépétaient à l'envi leurs douces chansonnettes ,

Et le suivaient toujours chantant.

L'animal écoutait l'harmonieux ramage Avec la gravité d'un docte connaisseur, Baissait parfois la hure en signe de faveur. Ou bien, la secouant, refusait son suffrage.

Qu'est ce ci? dit le financier :

Comment! les chantres du bocage Pour leur juge ont choisi cet animal sauvage?

Nenni , répond le jardinier :

De la terre par lui fraîchement labourée Sont sortis plusieurs vers , excellente curée

Qui seule attire ces oiseaux ;

Ils ne se tiennent à sa suite

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Que pour manger ces vermisseaux, Et Fimbécile croit que c'est pour son mérite.

FABLE rV.

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