‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 46 sur 319 · LE ROSSIGNOL ET LE PAON · texte numérisé non relu

LE ROSSIGNOL ET LE PAON

L'aimable et tendre Phîlomèle , Voyant commencer les beaux jours , Racontait à l'écho fidèle Et ses malheurs et ses amours.

Le plus beau paon du voisinage , Maître et sultan de ce canton , Élevant la tête et le ton , Vint interrompre sou ramage.

C'est bien à toi , chantre ennuyeux , Avec un si triste plumage.

Et ce long bec , et ces gros yeux , De vouloir charmer ce bocage !

A la beauté seule il va bien D'oser célébrer la tendresse :

De quel droit chantes-tu sans cesse?

Moi qui suis beau , je ne dis rien

Pardon , répondit Philomèle :

II est vrai, je ne suis pas belle; Et si je chante dans ce bois , Je n'ai de titre que ma voix.

Mais vous, dont la noble arrogance M'ordonne de parler plus bas, Vous vous taisez par impuissance .

Et n'avez que vos seuls appas.

Us doivent éblouir sans doute :

Est-ce assez pour se faire aimer.'

Allez, puisqu' Amour n'y voit goutte,

C'est l'oreille qu'il faut charmer.

FABLE VI

HERCULB AU GI£L.

Lorsque le fils d'Alcmène, après ses longs travaux, Fut reçu dans le ciel, tous les dieux s^empressèrent De venir au-devant de ce fameux héros.

Mars , Minerve , Vénus , tendrem^t Tembrassèrent; Junon même lui fit un accueil assez doux. Hercule , transporté , les remerciait tous , Quand Plutus , qui voulait être aussi de la fête , Vint d*un air insolent lui présenter la main. Le héros , irrité , passe en tournant la tête.

Mon fils, lui dit alors Jupîn ^ Que fa donc fait ce dieu ? D*où vient que la colère,

A. son aspect, trouble tes sens?

— Cest que je le connais , mon père;

£t presque toujours, sur la terre ,

Je Tai vu l'ami des méchants.

FABLE VIL

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