LA BALANCE DE MINOS
Minos, ne pouvant plus suffire Au fatigant métier d'entendre et de juger
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Chaque ombre descendue ou téoébroux empire ^
Imagina, pour abréger ,
De faire faire une balance, Où dans Fun des bassins il mettait à la fois Cinq ou six morts , dans l'autre un certain poids
Qui déterminait la sentence.
Si le poids s^élevait , alors plus à loisir
Minos etaminait l'affaire ;
Si le poids baissait, au contraire,
Sans scrupule il faisait punir.
La méthode était sdre, expéditive, et claire; Minos s'en trouvait bien. Un jour, en m(lme temps,
Au bord du Styx la mort rassemble Deux rois , un grand ministre , un héros , trois savants.
Minos les fait peser ensemble :
Le poids s'élève ; i! en met deux , £t puis trois ; c'est en vain : quatre ne font pas mieux. Minos , un peu surpris , ôte de la balance Ces inutiles poids , cherche un autre moyen ; Et , près de la voyant un pauvre homme de bien Qui dans un coin obscur attendait en silence ,
Il le met seul en contre-poids :
Les six ombres alors s'élèvent à la Ibis.
FABLE XV