LE PERROQUET
Un gros perroquet gris, échappé de sa cage,
Vint s'établir dans un bocage; Et là , prenant le ton de nos faux connaisseurs ,
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Jugeait tout, blâmant tout d'un air de suffisance , Au chant du rossignol il trouvait des longueurs ,
Critiquait surtout sa cadence.
Le linot, selon lui, ne savait pas cbanter; La fauvette aurait fisdt quelque chose peut-être , Si de bonne heure il eût été son maître ,
Et qu'elle eût voulu profiter.
Enfin aucun oiseau n'avait l'art de liii plaire ; Et dès qu'ils commençaient leurs joyeuses chansons , Par des coups de sifllet répondant à leurs sons ,
Le perroquet les faisait taire.
Lassés de tant d'affronts , tous les oiseaux du bois Viennent lui dire un jour : Mais parlez donc , beau sire , Vous qui sifflez toujours > faites qu'on vous admire. Sans doute vous avez une brillante voix :
Daignez chanter pour nous instruire.
Le perroquet , dans l'embarras , Se gratte un peu la tête , et finit par leur dire : Messieurs, je siffle bien, mais je ne chante pas.
FABLE IV