‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 62 sur 319 · LE PERROQUET · texte numérisé non relu

LE PERROQUET

Un gros perroquet gris, échappé de sa cage,

Vint s'établir dans un bocage; Et là , prenant le ton de nos faux connaisseurs ,

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Jugeait tout, blâmant tout d'un air de suffisance , Au chant du rossignol il trouvait des longueurs ,

Critiquait surtout sa cadence.

Le linot, selon lui, ne savait pas cbanter; La fauvette aurait fisdt quelque chose peut-être , Si de bonne heure il eût été son maître ,

Et qu'elle eût voulu profiter.

Enfin aucun oiseau n'avait l'art de liii plaire ; Et dès qu'ils commençaient leurs joyeuses chansons , Par des coups de sifllet répondant à leurs sons ,

Le perroquet les faisait taire.

Lassés de tant d'affronts , tous les oiseaux du bois Viennent lui dire un jour : Mais parlez donc , beau sire , Vous qui sifflez toujours > faites qu'on vous admire. Sans doute vous avez une brillante voix :

Daignez chanter pour nous instruire.

Le perroquet , dans l'embarras , Se gratte un peu la tête , et finit par leur dire : Messieurs, je siffle bien, mais je ne chante pas.

FABLE IV

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