‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 68 sur 319 · LA FAUVETTE ET LE ROSSIGNOL · texte numérisé non relu

LA FAUVETTE ET LE ROSSIGNOL

Une fauvette , dont la voix Enchantait les échos par sa douceur extrême,

108 FÀBLBS.

Espéra surpasser le rossignol lui-même ,

£t lui fit un défi. L'on choisit dans le bois

Un lieu propre au combat : les juges se placèrent ;

C'étaient le linot, le serin,

Le rouge-gorge et le tarin.

Tous les autres oiseaux derrière eux se perchèrent. Deux vieux chardonnerets et deux jeunes pinsons Furent gardes du camp; le merle était trompette, 11 donne le signal. Aussitôt la fauvette

Fait entendre les plus doux sons ;

Avec adi^esse elle varie De ses accents filés la touchante harmonie, £t ravit tous les cœurs par ses tendres chansons ; L'assemblée applaudit. Bientôt on fait silence ;

Alors le rossignol commence :

Trois accords purs, égaux, brillants , Que termine une juste et parfaite cadaice ,

Sont le prélude de ses chants.

Ensuite son gosier flexible , Parcourant sans effort tous les tons de sa voix. Tantôt vif et pressé , tantôt lent et sensible ,

Étonne et ravit à la fois.

Les juges cependant demeuraient en balance ; . Le linot, le serin, de la fauvette amis.

Ne voulaient point donner de prix ; Les autres disputaient. L'assemblée en silence

Écoutait leurs doctes avis.

Lorsqu'un geai s'écria : Victoire à la fauvette !

Ce mot décida sa défaite :

Pour le rossignol aussitôt L'aréopage ailé tout d'ime voix s'explioue.

Ainsi le suf&age d'un sot

Fait plus de mal que sa critique.

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l'âvârk et son fils.

Par je ne sais quelle aventure , Un avare, un beau jour voulant se bien traiter,

Au marché courut acheter

Des pommes pour sa nourriture.

Dans son armoire il les porta ,

Les compta, rangea, recompta, Ferma les doubles tours de sa double serrure,

Et chaque jour les visita.

Ce malheureux, dans sa folie ,

Les bonnes pommes ménageait; Mais lorsqu'il en trouvait quelqu'une de pourrie.

En soupirant il la mangeait.

Son fils, jeune écolier, faisant fort maigre chère, Découvrit à la fin les pommes de son père. Il attrape les clefs, et va dans ce réduit. Suivi de deux amis d'excellent appétit.

Or vous pouvez juger le dégât qu'ils y firent.

Et combien de pommes périrent !

L'avare arrive en ce moment,

De douleur, d'effroi palpitant :

Mes pommes ! criaiMl : coquins, il faut les rendre»

Ou je vais tous vous faire pendre.

Mon père, dit le fils, calmez-vous, s'il vous plaît *,

Nous sommes d'honnêtes personnes.

Et quel tort vous avons-nous fait?

Nous n'avons mangé que les bonnes;

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FABLE XL

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