LA FAUVETTE ET LE ROSSIGNOL
Une fauvette , dont la voix Enchantait les échos par sa douceur extrême,
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Espéra surpasser le rossignol lui-même ,
£t lui fit un défi. L'on choisit dans le bois
Un lieu propre au combat : les juges se placèrent ;
C'étaient le linot, le serin,
Le rouge-gorge et le tarin.
Tous les autres oiseaux derrière eux se perchèrent. Deux vieux chardonnerets et deux jeunes pinsons Furent gardes du camp; le merle était trompette, 11 donne le signal. Aussitôt la fauvette
Fait entendre les plus doux sons ;
Avec adi^esse elle varie De ses accents filés la touchante harmonie, £t ravit tous les cœurs par ses tendres chansons ; L'assemblée applaudit. Bientôt on fait silence ;
Alors le rossignol commence :
Trois accords purs, égaux, brillants , Que termine une juste et parfaite cadaice ,
Sont le prélude de ses chants.
Ensuite son gosier flexible , Parcourant sans effort tous les tons de sa voix. Tantôt vif et pressé , tantôt lent et sensible ,
Étonne et ravit à la fois.
Les juges cependant demeuraient en balance ; . Le linot, le serin, de la fauvette amis.
Ne voulaient point donner de prix ; Les autres disputaient. L'assemblée en silence
Écoutait leurs doctes avis.
Lorsqu'un geai s'écria : Victoire à la fauvette !
Ce mot décida sa défaite :
Pour le rossignol aussitôt L'aréopage ailé tout d'ime voix s'explioue.
Ainsi le suf&age d'un sot
Fait plus de mal que sa critique.
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l'âvârk et son fils.
Par je ne sais quelle aventure , Un avare, un beau jour voulant se bien traiter,
Au marché courut acheter
Des pommes pour sa nourriture.
Dans son armoire il les porta ,
Les compta, rangea, recompta, Ferma les doubles tours de sa double serrure,
Et chaque jour les visita.
Ce malheureux, dans sa folie ,
Les bonnes pommes ménageait; Mais lorsqu'il en trouvait quelqu'une de pourrie.
En soupirant il la mangeait.
Son fils, jeune écolier, faisant fort maigre chère, Découvrit à la fin les pommes de son père. Il attrape les clefs, et va dans ce réduit. Suivi de deux amis d'excellent appétit.
Or vous pouvez juger le dégât qu'ils y firent.
Et combien de pommes périrent !
L'avare arrive en ce moment,
De douleur, d'effroi palpitant :
Mes pommes ! criaiMl : coquins, il faut les rendre»
Ou je vais tous vous faire pendre.
Mon père, dit le fils, calmez-vous, s'il vous plaît *,
Nous sommes d'honnêtes personnes.
Et quel tort vous avons-nous fait?
Nous n'avons mangé que les bonnes;
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FABLE XL