‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 7 sur 319 · LA CARPE ET LES CARPILLONS · texte numérisé non relu

LA CARPE ET LES CARPILLONS

Prenez garde , mes fils , côtoyez moins le bord ,

Suivez le fond de la rivière ;

Craignez la ligne meurtrière , Ou l'épervier plus dangereux encor.

C'est ainsi que parlait une carpe de Seine A de jeunes poissons qui l'écoutaient à peine. C'était au mois d'avril : les neiges, les glaçons , Fondus par les zéphyrs , descendaient des montagnes ; Le fleuv« , enflé par eux, s'élève à gros bouillons.

Et déborde dans les campagnes.

Ah ! ah ! criaient les carpillons ,

Qu'en dis-tu, carpe radoteuse?

Crains-tu pour nous les hameçons?

Nous voilà citoyens de la mer orageuse ; Regarde : on ne voit plus que les eaux et le ciel ,

Les arbres sont cachés sous l'onde ;

Nous sommes les maîtres du monde :

C'est le déluge universel.

Ne croyez pas cela , répond la vieille mère; Pour que l'eau se retire il ne faut qu'un instant : Ne vous éloignez point , et » de peur d'accident ,

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