‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 72 sur 319 · LE PHILOSOPHE ET LE CHAT HUANT · texte numérisé non relu

LE PHILOSOPHE ET LE CHAT HUANT

Persécuté, proscrit, chassé de son asile. Pour avoir appelé les choses par leur nom, Un pauvre philosophe errait de ville en ville. Emportant avec lui tous ses biens, sa raison^

Un jour, qu'il méditait sur le fruit 46 ses veilles , Cétait dans un grand bois, il voit un chat-buont

Entouré de geais, de corneilles.

Qui le barcelaient en criant ;

C'est un coquin, c'est un impie.

Un ennemi de la patrie!

Il faut le plumer vif: oui, oui, plumons, plumons;

Ensuite nous le jugerons.

Et tous fondaient sur lui : la malbeureuse béte. Tournant et retournant sa bonne et grosse tête. Leur disait, mais en vain, d'excellentes raisons. Touché de son malheur, car la philosophie

Ifous rend plus, doux et plus humains,^ Motre sage fait fuir la cohorte ennemie, Puis dit au chat-huant : Pourquoi ces assassina.

En voulaient-ils à votre vie ?

Que leur avez-vousfait? L'oiseau lui répondit : Rien du tout ; mon seul crime est d'y voir clair la nuit.

FABLE XVI

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