PAN ET LA FORTUNE
Un jeune grand seigneur à des jeux de hasard - Avait perdu sa dernière pistole,
Et puis joué sur sa parole.
Il fallait payer sans retard :
UVBB IV. 115
Les dettes du jeu sont sacrées.
On peut faire attendre un marchand,
Un ouvrier, un indigent
Qui nous a fourni ses denrées; Mais un escroc, l'honneur veut qu'au même moment
On le paye, et très-polimeut.
La loi par eux fut ainsi faite.
Notre jeune seigneur, pour acquitter sa dette,
Ordonne une coupe de bois.
Aussitôt les ormes, les frênes, Et les hêtres touffus , et les antiques chênes ,
Tombent l'un sur l'autre à la fois.
Les faunes, les sylvains, désertent les bocages ; Les dryades en pleurs regrettent leurs ombrages ;
Et le dieu Pan, dans sa fureur.
Instruit que le jeu seul a causé ces ravages , S'en prend à la Fortune : O mère du malheur !
DiUi , infernale furie !
Tu troubles à la fois les mortels et les dieux ; Tu te plais dans le mal, et ta rage ennemie...
Il parlait, lorsque dans ces lieux
Totit à coup parait la déesse.
Calme, dit-elle à Pan, le chagrin qui te presse ;
Je n'ai point causé tes malheurs :
Même aux jeux de hasard , avec certains joueurs , Je ne fais rien. -« Qui donc fait tout ? — L'adresse.
FABLE XV