‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 71 sur 319 · PAN ET LA FORTUNE · texte numérisé non relu

PAN ET LA FORTUNE

Un jeune grand seigneur à des jeux de hasard - Avait perdu sa dernière pistole,

Et puis joué sur sa parole.

Il fallait payer sans retard :

UVBB IV. 115

Les dettes du jeu sont sacrées.

On peut faire attendre un marchand,

Un ouvrier, un indigent

Qui nous a fourni ses denrées; Mais un escroc, l'honneur veut qu'au même moment

On le paye, et très-polimeut.

La loi par eux fut ainsi faite.

Notre jeune seigneur, pour acquitter sa dette,

Ordonne une coupe de bois.

Aussitôt les ormes, les frênes, Et les hêtres touffus , et les antiques chênes ,

Tombent l'un sur l'autre à la fois.

Les faunes, les sylvains, désertent les bocages ; Les dryades en pleurs regrettent leurs ombrages ;

Et le dieu Pan, dans sa fureur.

Instruit que le jeu seul a causé ces ravages , S'en prend à la Fortune : O mère du malheur !

DiUi , infernale furie !

Tu troubles à la fois les mortels et les dieux ; Tu te plais dans le mal, et ta rage ennemie...

Il parlait, lorsque dans ces lieux

Totit à coup parait la déesse.

Calme, dit-elle à Pan, le chagrin qui te presse ;

Je n'ai point causé tes malheurs :

Même aux jeux de hasard , avec certains joueurs , Je ne fais rien. -« Qui donc fait tout ? — L'adresse.

FABLE XV

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