‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 76 sur 319 · IX.S DEUX PAYSANS ET LE NUAGE · texte numérisé non relu

IX.S DEUX PAYSANS ET LE NUAGE

Guillot , disait un jour Lucas D'une voix triste et lamentable Ne voi&>tu pas venir là-bas Ce gros nuage noir ? Cest la marque effîpoyable

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Du pluf grand des maibeun . Pourquoi ? répond Guillot.

— Pourquoi ? Regarde donc : ou je ne luii qu'un sot ,

Ou ce nuage est de la grêle Qui va tout abîmer^ vigne, avoine, froment;

Toute la récolte nouvelle

Sera détruite en un moment.

Il ne restera rien \ le village en ruine

Dans trois mois aura la famine , Puis la peste viendra , puis nous périrons tous. La peste 1 dit Gttillot : doucement, calmez* vous;

Je ne vois point cela, compère :

Et, s*it faut vous parler selon mon sentiment,

C'est que Je vois tout le contraire ;

Car ce nuage assurément Ne porte point de grêle , il porte de la pluie.

La terre est sèche dès longtemps,

Il va bien arroser nos champs; Toute notre récolte en doit être embellie.

f<?ous aurons le double de foin, Moitié plus de froment, de raisins abondance ;

lYous serons tous dans Topulenee , Et rien, hors les tonneaux , ne nous fera besoin. C'est bien voir que cela ! dit Lucas en colère. Mais chacun a ses yeux , lui répondit Guillot.

— Oh ! puisqu'il est ainsi , je ne dirai plus mot;

Attendons la fin de Taffoire :

Rira bien qui rira le dernier. — Dieu merci,

Ce n'est pas moi qui pleure ici.

Ils s'échauffaient tous deux ; déjà , dans leur furie, Ils allaient se gourmer, lorsqu'un souffle de vent Emporta loin de là le nuage effrayant :

ils n'eurent ni grêle ni pluie.

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