‹ Fables de Florian (volume 5)Chapitre 107 sur 142 · LE CHAT ET LES P. ATS · texte numérisé non relu

LE CHAT ET LES P. ATS

Et les rats, connaissant sa bonté, sa paresse, Allaient , trottaient partout, et ne se gênaient pas. Un jour, dans un grenier retiré, solitaire ,

Où notre chat dormait après un bon festin , Plusieurs rats viennent dans le grain Prendre leur repas ordinaire.

L’angora ne bougeait. Alors mes étourdis Pensent qu’ils lui font peur; l’orateur de la troupe Parle des chats avec mépris.

On applaudit fort , on s’attroupe,

On le proclame général.

Grimpé sur un boisseau qui sert de tribunal : Braves amis , dit-il , courons à la vengeance.

De ce grain désormais nous devons être las,

Jurons de ne manger désormais que des cha ts ;

On les dit excellents , nous en ferons bombance.

A ces mots , partageant son belliqueux transport, Chaque nouveau guerrier sur l’angora s’élance,

Et réveille le chat qui dort.

Celui-ci , comme on croit , dans sa juste colère , Couche bientôt sur la poussière Général, tribuns et soldats.

Il ne s’échappe que deux rats Qui disaient, en fuyant bien vite à leur tanière :

Il ne faut point pousser à bout L’ennemi le plus débonnaire;

On perd ce que l’on tient quand on veut gagner tout.

AK

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