LE CHAT ET LES P. ATS
Et les rats, connaissant sa bonté, sa paresse, Allaient , trottaient partout, et ne se gênaient pas. Un jour, dans un grenier retiré, solitaire ,
Où notre chat dormait après un bon festin , Plusieurs rats viennent dans le grain Prendre leur repas ordinaire.
L’angora ne bougeait. Alors mes étourdis Pensent qu’ils lui font peur; l’orateur de la troupe Parle des chats avec mépris.
On applaudit fort , on s’attroupe,
On le proclame général.
Grimpé sur un boisseau qui sert de tribunal : Braves amis , dit-il , courons à la vengeance.
De ce grain désormais nous devons être las,
Jurons de ne manger désormais que des cha ts ;
On les dit excellents , nous en ferons bombance.
A ces mots , partageant son belliqueux transport, Chaque nouveau guerrier sur l’angora s’élance,
Et réveille le chat qui dort.
Celui-ci , comme on croit , dans sa juste colère , Couche bientôt sur la poussière Général, tribuns et soldats.
Il ne s’échappe que deux rats Qui disaient, en fuyant bien vite à leur tanière :
Il ne faut point pousser à bout L’ennemi le plus débonnaire;
On perd ce que l’on tient quand on veut gagner tout.
AK