‹ Fables de Florian (volume 5)Chapitre 112 sur 142 · U VUE I V · texte numérisé non relu

U VUE I V

Et le cou tout gonflé sur lui se précipite.

Dans l’instant le coq orgueilleux Est battu, déplumé, reçoit mainte blessure;

Et, si l’on n’eiit fini ce combat dangereux ,

Sa mort terminait l’aventure.

Quand le poulet fut loin, le coq, en s’épluchant , Disait : Cet enfant-la m a montré du courage;

J’ai beaucoup ménagé son âge,

Mais de lui je suis fort content.

Un coq, vieux et cassé, témoin de cette histoire,

La répandi t et s’en moqua.

Notre fanfaron l’attaqua,

Croyant facilement remporter la victoire.

Le brave vétéran, de lui trop mal connu ,

En quatre coups de bec lui partage la crête,

Le dépouille en entier des pieds jusqu’à la tête ,

Et le laisse là presque nu.

Alors notre coq, sans se plaindre ,

Dit: C est un bon vieillard; j’en ai bien peu souffert : Mais je le trouve encore vert,

Et dans son jeune temps il devait être à craindre.

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