‹ Fables de Florian (volume 5)Chapitre 122 sur 142 · LE PETIT CHIEN · texte numérisé non relu

LE PETIT CHIEN

Et leur courage et leur douleur.

Un bon vieux petit chien , de la charmante espèce De ceux qui vont portant jusqu’au milieu du dos Une toison tombante à flots ,

Exhalait ainsi sa tristesse .

Il faut donc vous quitter, ô pénates chéris !

Un barbare , à l’âge où je suis ,

M’obligea renoncer aux lieux qui m’ont vu naître.

Sans appui, sans secours, dans un pays nouveau Je vais, les yeux en pleurs, demander un tombeau Qu’on me refusera peut-être.

O tyran , tu le veux ! allons , il faut partir.

Un barbet l’entendit ; touché de sa misère .

Quel motif, lui dit-il , peut t’obliger à fuir ?

— Ce qui m’y force ? ô ciel ! Et cet édit sévère

Qui nous chasse à jamais de cet heureux canton?...

— Nous? — Non pas vous, mais moi. — Comment ! toi ,

mon cher frère ?

Qu’as-tu donc de commun?... — Plaisante question !

Eh 1 ne suis-je pas un lion 1 ?

1 La petite espèce de chiens dont on veut parler porte le nom de chienslions.

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