‹ Fables de Florian (volume 5)Chapitre 45 sur 142 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

Enfin, un jour, au désespoir,

Il tint ce discours à son frère :

Explique-moi par quel moyen,

Passant ta vie à ne rien faire,

Moi travaillant toujours, on te nourrit si bien,

Et moi si mal — La chose est claire,

Lui répondit l’aîné : tu cours tout le logis Pour manger rarement quelque maigre souris...

— N’est-ce pas mon devoir? — D’accord, cela peut être; Mais, moi, je reste auprès du maître,

Je sais l’amuser par mes tours.

Admis à ses repas sans qu’il me réprimande,

Je prends de bons morceaux, et puis je les demande En faisant patte de velours :

Tandis que toi, pauvre imbécile,

Tu ne sais rien que le servir.

Va, le secret de réussir

C’est d’être adroit, non d’être utile.

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