LE PHENIX
N’ont eu cet éclat que j’admire;
Il éblouit mes yeux et toujours les attire.
Les autres répétaient ces éloges flatteurs, Vantaient le privilège unique De ce roi des oiseaux, de cet enfant du ciel , Qui, vieux, sur un bûcher de cèdre aromatique Se consume lui-même et renaît immortel.
Pendant tous ces discours la seule tourterelle, Sans rien dire, fit un soupir.
Son époux, la poussant de l’aile,
Lui demande d’où peut venir Sa rêverie et sa tristesse :
De cet heureux oiseau désires-tu le sort ?
— Moi ! mon ami, je le plains fort;
Il est le seul de son espèce.
LA pie et la colombe.
ne colombe avait son nid Tout auprès du nid d’une pie.
Cela s’appelle voir mauvaise compagnie;
D’accord ; mais de ce point pour l’heure il ne s’agit. Au logis de la tourterelle Ce n’était qu’amour et bonheur :
Dans l’autre nid toujours querelle,
OEufs cassés, tapage et rumeur.
Lorsque par son époux la pie était battue,
Chez sa voisine elle venait ,
Là jasait , criait , se plaignait,
Et faisait la longue revue Des défauts de son cher époux ;
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Il est fier, exigeant , dur, emporté , jaloux ;
De plus, je sais fort bien qu’il va voir des corneilles;
Et cent autres choses pareilles Qu’elle disait dans son courroux.
— Mais vous , répond la tourterelle ,
Êtes-vous sans défauts? — Non, j’en ai, lui dit-elle;
Je vous le confie entre nous ;
En conduite , en propos , je suis assez légère ,
Coquette comme on l’est, parfois un peu colère,
Et me plaisant souvent à le faire enrager;
Mais qu’est-ce que cela ? — C’est beaucoup trop, ma chère ;
Commencez par vous corriger;
Votre humeur peut l’aigrir... - Qu’appelez-vous, ma mie? Interrompt aussitôt la pie ;
Moi de l’humeur ! Comment ! je vous conte mes maux , Et vous m’injuriez! je vous trouve plaisante.
Adieu, petite impertinente;
Mêlez-vous de vos tourtereaux.
Nous convenons de nos défauts ,
Mais c’est pour que l’on nous démente.
l’éducation du LION
Aux transports éclatants d’une bruyante joie ; Les rois heureux ont tant d’amis !
Sire lion , monarque sage ,
Songeait à confier son enfant bien-aimé Aux soins d’un gouverneur vertueux, estimé, Sous qui le lionceau fît son apprentissage. Vous jugez qu’un choix pareil Est d’assez grande importance Four que longtemps on y pense.
Le monarque indécis assemble son conseil ;
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