‹ Fables de Florian (volume 5)Chapitre 53 sur 142 · L'EDUCATION DU LION · texte numérisé non relu

L'EDUCATION DU LION

LIVKE II.

En peu de mots il expose Le point dont il s’agit, et supplie instamment Chacun des conseillers de nommer franchement Celui qu’en conscience il croit propre à la chose. Le tigre se leva : Sire, dit-il, les rois N’ont de grandeur que par la guerre ;

Il faut que votre fils soit l’effroi de la terre :

Faites donc tomber votre choix Sur le guerrier le plus terrible ,

Le plus craint après vous des hôtes de ces bois. Votre fils saura tout , s’il sait être invincible. L’ours fut de cet avis; il ajouta pourtant Qu’il fallait un guerrier prudent ,

Un animal de poids , de qui l’expérience Du jeune lionceau sût régler la vaillance Et mettre à profit ses exploits.

Après l’ours, le renard s’explique ,

Et soutient que la politique Est le premier talent des rois ;

Qu’il faut donc un mentor d’une finesse extrême Pour instruire le prince et pour le bien former. Ainsi chacun , sans se nommer,

Clairement s’indiqua soi-même ;

De semblables conseils sont communs à la cour.

Enfin le chien parle à son tour :

Sire , dit-il , je sais qu’il faut faire la guerre ;

Mais je crois qu’un bon roi ne la fait qu’à regret ; L’art de tromper ne me plaît guère;

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