‹ Fables de Florian (volume 5)Chapitre 62 sur 142 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

Donnait à chacun son paquet,

Et se faisait haïr de tout le voisinage.

Sa mère lui disait : Mon cher fils, sois plus sage, Plus modeste surtout. Hélas ! je conçois bien Les dons , les qualités qui furent ton partage ; Mais feignons de n’en savoir rien ,

Pour qu’on les aime davantage.

A tout cela notre linot Répondait par quelque bon mot ;

La mère en gémissait dans le fond de son ehne.

Un vieux merle, ami de la dame,

Lui dit : Laissez aller votre fils au grand bois;

Je vous réponds qu’avant un mois Il sera sans défauts. Vous jugez des alarmes De la mère, qui pleure et frémit du danger;

Mais le jeune linot brûlait de voyager.

U partit donc malgré ses larmes.

A peine est-il dans la forêt,

Que notre petit personnage Du pivert entend le ramage,

Et se moque de son fausset.

Le pivert , qui prit mal cette plaisanterie ,

Vient à bons coups de bec plumer le persifleur,

Et , deux jours après, une pie Le dégoûte à jamais du métier de railleur.

U lui restait encor la vanité secrète De se croire excellent chanteur;

Le rossignol et la fauvette

Le guérirent de son erreur.

Bref, il retourna chez sa mère ,

Doux , poli , modeste et charmant.

Ainsi l’adversité fît, dans un seul moment,

Ce que tant de leçons n’avaient jamais pu faire.

LES SIFG-ES ET LE LEOPARD

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