LFS K INFANTS FT LES PERDREAUX
Cherchant des nids dans leur enclos, Trouvèrent des petits perdreaux Oui voletaient après leur mère.
Vous jugez de leur joie, et comment mes bambins A la troupe qui s’éparpille Vont partout couper les chemins,
Et n’ont pas assez de leurs mains Pour prendre la pauvre famille!
Le perdrix, traînant l’aile, appelant ses petits, Tourne en vain, voltige, s’approche;
Déjà mes jeunes étourdis
L1VKE III.
Ont toute sa couvée en poche.
Ils veulent partager comme de bons amis,
Chacun en garde six , il en reste un treizième :
L’autre le veut, l’autre le veut aussi.
« Tirons au doigt mouillé. — Parbleu non ! Parbleu si ! — Cède, ou bien tu verras. — Mais tu verras toi-mème. « De propos en propos, l’aîné, peu patient,
Jette à la tête de son frère Le perdreau disputé. Le cadet , en colère ,
D’un des siens riposte à l’instant.
L’aîné recommence d’autant ;
Et ce.jeu qui leur plaît couvre autour d’eux la terre De pauvres perdreaux palpitants.
Le fermier, qui passait en revenant des champs, ■
Voit ce spectacle sanguinaire ,
Accourt, et dit à ses enfants :
Comment donc ! petits rois , vos discordes cruelles Font que tant d’innocents expirent par vos coups !
De quel droit, s’il vous plaît , dans vos tristes querelles, Faut-il que l’on meure pour vous?
s a ’rM
l’ HERMINE , LE CASTOR ET LE SANGLIER.
Dans l’espoir d’en acquérir une Quittèrent leur forêt, leur étang , leur hallier. Après un long voyage, après mainte aventure,
Ils arrivent dans un pays Où s’offrent à leurs yeux ravis Tous les trésors de la nature ,
Des prés , des eaux , des bois , des vergers pleins de fruits. Nos pèlerins , voyant cette terre chérie ,
Eprouvent les mêmes transports Qu’Enée et ses Troyens en découvrant les bords
L1VKE 111
Du royaume de Lavinie.
Mais ce riche pays était de toutes parts Entouré d’un marais de bourbe ,
Où des serpents et des lézards Se jouait Teffroyable tourbe.
Il fallait le passer, et nos trois voyageurs S’arrêtent sur le bord, étonnés et rêveurs.