I. hermine la première avance un peu la patte
Elle la retire aussitôt,
En arrière elle fait un saut,
En disant : Mes amis, fuyons en grande hâte;
Ce lieu , tout beau qu’il est, ne peut nous convenir. Pour arriver là-bas il faudrait se salir;
Et moi je suis si délicate Qu’une tache me fait mourir.
Ma sœur, dit le castor, un peu de patience ;
On peut, sans se tacher, quelquefois réussir :
11 faut alors du temps et de l’intelligence;
Nous avons tout cela : pour moi , qui suis maçon ,
Je vais en quinze jours vous bâtir un beau pont Sur lequel nous pourrons, sans craindre les morsures De ces vilains serpents, sans gâter nos fourrures, Arriver au milieu de ce charmant vallon.
Quinze jours! ce terme est bien long,
Répond le sanglier; moi, j’y serai plus vite :
Vous allez voir comment. En prononçant ces mots,
Le voilà qui se précipite
Au plus fort du bourbier; s’y plonge jusqu’au dos ,
A travers les serpents, les crapauds ,
Marche, pousse à son but, arrive plein de boue,
Et là , tandis qu’il se secoue ,
Jetant à ses amis un regard de dédain :
Apprenez , leur dit-il , comme on fait son chemin .
LA balance de minos.
Chaque ombre descendue au ténébreux empire , Imagina , pour abréger,
De faire faire une balance
Où dans l’un des bassins il mettait à la fois Cinq ou six morts, dans l’autre un certain poids Qui déterminait la sentence.
Si le poids s’élevait, alors plus à loisir Minos examinait l’affaire ;
Si le poids baissait au contraire ,
Sans scrupule il faisait punir.
La méthode était sûre , expéditive et claire ,