‹ Fables de Florian (volume 5)Chapitre 90 sur 142 · LE PERROQUET · texte numérisé non relu

LE PERROQUET

Et là, prenant le ton de nos faux connaisseurs , Jugeant tout, blâmant tout d’un air de suffisance,

Au Chant du rossignol il trouvait des longueurs , Critiquait surtout sa cadence.

Le linot, selon lui, ne savait pas chanter;

La fauvette aurait fait quelque chose peut-être ,

Si de bonne heure il eût été son maître ,

Et qu’elle eût voulu profiter.

Enfin aucun oiseau n’avait l’art de lui plaire,

Et, dès qu’ils commençaient leurs joyeuses chansons, Par des coups de sifflet répondant à leurs sons,

Le perroquet les faisait taire.

Lassés de tant d’affronts, tous les oiseaux du bois Viennent lui dire un jour : Mais parlez donc, beau sire ; Vous qui sifflez toujours, faites qu’on vous admire; Sans doute vous avez une brillante voix;

Daignez chanter pour nous instruire.

Le perroquet, dans rembarras,

Se gratte un peu la tête, et finit par leur dire : Messieurs, je siffle bien , mais je ne chante pas.

Zmp de ZemarcAand .

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