‹ Fables de Florian (volume 5)Chapitre 98 sur 142 · LA FAUVETTE ET LE ROSSIGNOL · texte numérisé non relu

LA FAUVETTE ET LE ROSSIGNOL

De ses accents filés la touchante harmonie.

Et ravit tous les cœurs par ses tendres chansons : L’assemblée applaudit. Bientôt on fait silence;

Alors le rossignol commence :

Trois accords purs , égaux, brillants,

Que termine une juste et parfaite cadence ,

Sont le prélude de ses chants.

Ensuite son gosier flexible,

Parcourant sans efforts tous les tons de sa voix ,

Tantôt vif et pressé , tantôt lent et sensible,

Etonne et ravit à la fois.

Les juges cependant demeuraient en balance ;

Le linot, le serin, de la fauvette amis,

Ne voulaient point donner de prix:

Les autres disputaient. L’assemblée en silence Ecoutait leurs doctes avis,

Lorsqu’un geai s’écria : Victoire à la fauvette!

Ce mot décida sa défaite ;

Pour le rossignol aussitôt L’aréopage ailé tout d’une voix s’explique.

Ainsi le suffrage d’un sot Fait plus de mal que sa critique.

l’avare et son fils.

ar je ne sais quelle aventure, Un avare, un beau jour voulant se bien traiter.

Au marché courut acheter Des pommes pour sa nourriture.

Dans son armoire il les porta,

Les compta , rangea , recompta ,

Ferma les doubles tours de sa double serrure,

Et chaque jour les visita.

Ce malheureux , dans sa folie ,

Les bonnes pommes ménageait;

Mais lorsqu’il en trouvait quelqu’une de pourrie , En soupirant il la mangeait.

Son fils, jeune écolier, faisant fort maigre chère,

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