‹ Fables de Fontaine avec les notes de ChampfortChapitre 49 sur 86 · V. 96. Je parle des humains ^ car quant aux animaux y · texte numérisé non relu

V. 96. Je parle des humains ^ car quant aux animaux y

Voilà un excellent trait de satyre déguisée en bonhommie. Swift ou Lucien , roulant mettre les hommes au-dessous des animaux > ne s'y seraient pas mieux pris. Cela est plaisant dans une pièce où l'an<« teur reut établir que les animaux sont des machines.

V. 1 14* Que ces castors ne soient qu'un corps vide d'esprit « Jamais on ne pourra m'obliger à le croire.

Voilà le cartésianisme de La Fontaine fort ébranlé. Il' y reviendra pourtant. Madame de la Sablière est cartésienne. ^

y. 118. Le défenseur du ^ord, . . C'est le grand général Sobieski ^ qui y arant de sauver Vienne et de monter sur le trône de Pologne ^ était Tenu à Paris , et avait été de la société de madame de la Sablière , comme de nos jours nous avons vu M. Poniatouski lié avec madame Geoilrin.

y. lai. • . Jamais un roi ne ment. Du milieu de ces idées si étrangères au génie de La Fontaine » il sort pourtant des traits qui le caractjrisent , tel est ce plaisant hémistiche : Jamais un roi ne ment.

y. 137. . . Ah! s'il le rendait;

Et qu'il rendit aussi. • . Toutes ces idées

sont incohérentes et mal liées ensemble > du moins quant à l'effet

X*.* Il)

326 Notes, Liv, X.

poétique. Les vers suiyans sont l'exposé de la doctrine de Detcartes »

çt l'obscurité qu*on peut leur reprocher , dent à la nature même de ces

îdées , car La Fontaine emploie presque les termes de Descaxtes lid«

même*

y, i6a. .,.»,/? voit l'çiuU

Obéir à la main : mais la main , ^ui^ guide f

Eh ! qui guide Us cieux , « leur course rapide ?

Ce mouTement est très«Tif > très-noble , et ne déparerait pas un on* ▼rage d'un plus grand genre.

Vient ensuite Thistoire des deux rats et de Poeaf^ après laquelle La Fontaine oublie qu'il est cartésien et s'écrie

y. 197. Qu'on m'aille soutenir y après un tel récit f Que les bêtes n'ont point d'esprit.

Le reste n'est qu'une suite de raisonnemens creux où La Fontaine a cru s'entendre , ce qui était absolument impossible. S'entendait-il f par exemple 9 en disant :

y. 207. Je subtiliserais un morceau de matière ,

Que l'on ne pourrait plus, etc, • . . On voit que cette pièce manque entièrement d'ensemble et même d'objet. Ce sont trois fables qui prouvent l'intelligence des animaux y et ces fables se trouvent entre-coupées de raisonnemens y dont le but est de prouver qu'elles n'en ont pas. La Fontaine pèche ici contre la première des règles y l'unité de dessein. L'auteur parait l'avoir senti y et cherche à prendre un parti mitoyen entre les deux systèmes ; mais les raisonnemens où il s'embarque sont entièrement inintelligibles.

F ▲ « X. B II, page i33.

y. 1. Un homme vit une couleuvre.

Après la pièce précédente , si confuse et si embrouillée y voici une fable remarquable par l'unité , la simplicité et l'évidence de son résultat. A la vérité il n'est pas de la dernière importance , puisqu'il se réduit A faire voir la dureté de l'empire que l'homme exerce sur les animaux et sur tonte la nature ; mais c'est quelque chose de l'arrêter |in moment sur cette idée , et La Fontaine a d'ailleurs su répandre tant de beautés de détail sur le fond de cet Apologue y qu'il est prefique au niveau des meilleurs et des plus célèbres.

y. 5' ( C'est le serpent que je veux dire ,

lit non l'homme , on pourrait aisément s'y tromper^ )

Notes, h rv. X. Szj

Ce second vers parait froid après le premier ; mais La Fontaina rajoute à dessein y pour rentrer un peu dans son caractère de bonlioinmic , dont il vient de sortir un moment par un yers si satyriijiit contre l'espèce humaine.

y. lo. Afin de U pnytr toutefois de raison y

Voyez les remarques sur la fable du loup et de l'agneau y aupre* ■lier livre , pages aaa et aa3.

V. 27. . . . Il recula d'un pas» Cest la surprise de l'homme qui est cause de sa patience et qui l'oblige à écouter le serpent. Le discours de la vache est plein de raison et d'intérêt. Tons les mourement en sont d'une simplicité touchante ,

y. 4^ lime laisse en un coin

Sans herbe : Ce dernier mot rejeté à l'autre vers ». et ce vœu si naturel 9

y. 43* • • • S'U voulait eneor me laisser pattre I

Tout cela est parfait. Le discours du bœuf a un autre genre de beauté f c'est celui d'un ton noble et poétique y quoique naturel et Trai.

y. 55 Ce long cercle de peines.

Qui y revenant sur soi , ramenait dans nos plainew Ce que Céris nous donne et vend aux animaux :.

Et cet antre vers :

y. 6a. Achetaient de son sang l'indulgence des dieux, La Fontaine lire un parti ingénieux du ton qu'il vient de prêter an bœuf, c'est de le faire appeler déclaraateur par l'homme qui lui reproche de chercher de grands mots , tout cela est d'un goût exquis. La Fontaine a su être aussi intéressant en faisant parler l'arbre.

y. 74 Libéral il nous donne

Ou des fleurs au printemps , ou des fruits à l'automne ;

Et quelle heureuse précision dans le vers suivant !

y. 81. Je suis bien bon , dit-il, d'écouur ces gens-là.

Le despotisme n'est jamais si redoutable qne quand on vient de le convaincre d'absurdité.

Fablb III9 page i36.

y. 1. Une tortue était ^ ete, • • • Quoique l'invention de cette

Tiv

fnble aoit tm peu biiarre ; quoique la tortue y soit peinte 4ant nu costume bien étranger à ses habitudes y on peut ranger cet Apologue parmi les bons. C*est que Pintention en est sage » morale , bien marquée y et que d'ailleurs Pexécution en est très-agréable.

y. 4« Volontiers gtns boiuux j cfr. • . La répétition de ce mot volontiers est pleine de grâces y et ce vers : Volontiers gens boiteia haïssent le logis y fait roir comment La Fontaine sait tirer parti des plus petites circonstances.

y* 9« « • • Par l'air en Amérique :

Il ne fallait point particulariser y ni nommer V Amérique : du moins fallait-il ne nommer qu'une contrée de l'ancien hémisphère. Toute action qui forme le nœud ou l'intérêt d'un Apologue y est supposée se passer dans les temps fabuleux , au temps j comme dit le peuple , où les bétes parlaient. Il y a pour chaque genre de poésie une Traîsemblance re^ue y une conyenance particulière , dont il ne faut pas s'écarter.

y. t3. Ulysse en fit autant , etc. ... Ce trait ne pèche point contre la règle que nous venons d'établir, parce que le temps où Ulysse rivait est supposé compris dans l'époque que nous avons indiquée *, d'ailleurs ce rapprochement àei voyages d* Ulysse avec celui de la tortue est si plaisant y que le lecteur s'y rendrait bien moins difficile.

y. i3. . . . On ne s'attendait guère

Voilà un de ces traits qui caractérisent un poëte supérieur à son sujet ) nul n'a su s'en jouer à propos comme La Fontaine.

F A B L s I y , page i38.

y. 1. Il n'était point d'étang, etc. , . Nous ne trou veroita pins dans ce dixième livre y de fable qui puisse être comparée aux deux précédentes. Celle-ci n'en approche , ni pour le fond , ni pour la forme. Remarquons cependant le sérieux plaisant de cette réflexion :

y. 7. Tout cormoran se urt de pourvoyeur lui-même. y. 4^* ^^ ^^*^ î^^ *o^^ mangeurs de gens.

Il fallait s'arrêter là. La réflexion que La Fontaine ajoute à ce conseil de prudence ne sert qu'à en détourner l'esprit de son lecteur. L'idée (le la mort absorbe toute autre idée.

Fable V , page 1 40.

V» l. Un pinctmaille avait tant amassé.

Notes, Lit. X. 829

Le résultat de cette fable est encore très- peu de chose ; mais dans l'éxecution elle offre plusieurs vers très-bons. Je me contente de les indiquer à la marge.

Vers dernier. Il n'est pas maltaise de tromper un trompeur.

Cela n'est pas exactement Trai , et souvent c'est une chose trèsdifficile. J'aurais mieux aimé que La Fontaine eût exprimé le sens de Pidée suivante. Heureux celui qu'un seul avertissement engage à triom^ pker de sa passion favorite !

' F A 1 L B y I y page 141*

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