‹ Fables de Fontaine avec les notes de ChampfortChapitre 58 sur 86 · V. 1. Jupiur eut un fils, qui, etc · texte numérisé non relu

V. 1. Jupiur eut un fils, qui, etc

Avait l'âme toute àivine.

Yralment c'est l'effet à côté de la cause ; rien n'est plus simple. Cela doit bien faciliter l'éducation des princes ; je suis même étonné que cette réflexion ne l'ait pas fait supprimer entièrement.

V- 4* i'^«/*n^* n'aime rien, etc. . . Cela n'est pas d'une vérité assez exacte et assez générale pour être mis en maxime. D'ailfeurs y pourquoi le dire à un jeune prince 1 pourquoi lui donner cette mau- T-aise opinion des enfans de son âge 1 Est-ce pour qu'il se regarde comme un être à part > comme un dieu y et le tout parce qu'il aime son père , sa mère et sa gouvernante î

y. i6. . . .Et d'autres dons des deux y Que les enfans des autres dieux.

La Fontaine l'a déjà dit à -peu -près douze ou treize vers plus haut ;

338 Notes, Lif. XI.

mais les belles choses ne sauraient être trop répétées. Par malheur il y a ici un petit inconvénient y c'est qu'il est inutile ou même absunle déparier de morale aux princes , tant qu'on leur dira de ces choses-là.

y. ao. Tant il le fit parfaitement.

Ceci doit faire allusion à quelque petite pièce de société représentée devant le roi dans son intérieur , où M. le duc du Maine avait sans doute bien )oué le rùle d'amoureux.

y. 39. Il faut qu'il sache tout , etc. . . yoilà une étrange idée. La Fontaine oublie qu'il s'en est moqué lui-même dans sa fable du chien qui veut boire.la rivière.

Si j'apprenais V hébreu, les sciences , l'histoire f Tout cela c'est la mer à boire.

D'ailleurs un prince est moins obligé qu'un autre homme de savoir tout. Quand il connaît ses devoirs aussi-bien que la plupart des princes connaissent leurs droits *, quand il sait ne parler que de ce qu'il entend ; quand on a formé sa raison ; quand on lui a enseigné l'art d'apprécier les hommes et les choses , son éducation est très- bonne et très-avancée.

y. 3o. Eut à peine achevé que chacun applaudit.

C'est de quoi personne n'est en peine.

y. Sa. Je veux , dit le dieu de la guerre y

Cette idée de représenter tous les dieux , ou tous les génies , ou toutes les fées qui se réunissent pour doter un prince de toutes les qualités possibles, est une vieille flatterie, déjà usée dès le temps de La Fontaine. Quant à M. le duc du Maine , il est fâcheux que l'assemblée des dieux ait oublié à son égard un article bien important ; c'était de lui donner un peu de caractère ; celte qualité lui eût fait jouer un rôle plus noble pendant la régence , et lui eût épargné bien des dégoûts. C'était d'ailleurs un prince très-instruit en littérature d'agrément. Il s'amusait à traduire en français l'Anti-Lucrece du cardinal de Polignac , pendant la dernière année du règne de Louis XIV. Madame la duchesse du Maine , occupée d'idées plus ambitieuses , lui disait : Vous apprendrez au premier moment que M. le duc d'Orléans est le maître du royaume , et vous de l'académie française.

Notes, Liv. XI. 339

Fabi. B ÏII, page 167. V. 20. Il choisit une nltît libérale en pavots :

Il n'a été donné qu*ii La Fontaine tle jeter au milieu d*un récit très-simple des traits de poésie aussi nobles et aussi heureux.

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