V. 33. Car cet esprit qui, né du firmament f
Ces quatre rimes masculines de suite sont aussi trop négligées. Et puis le firmament est presque un mot de théologie qui parait ici déplacé.
V. 38. Ceci soit dit sans nul soupçon d'amour , Il ne fallait pas revenir là dessus après avoir dit beaucoup mieux et sans apprêts :
Car
Notes, L i v. X 1 1. 353
Car ce camr vif et tendre infiniment Pour tet amiSf et non point autrement ^
Le reste me paraît faible.
Je trouve aussi Pidéc de la fable un peu bizarre y mais il y a des Ters heureux. J'en remarquerai quelques-uns.
y. 55. . • . Douce société, A la bonne heure f quoique je la trouve un peu singulière.
y. 56. Le choix d'une demeure aux humains inconnue.
La Fontaine ne passe point pour misanthrope. Cest qu'il n'a point la mauvaise humeur attachée à ce défaut. Mais nous avons déjà vu plusieurs traits sanglans de satyre contre l'humanité y et ce dernier montre assez ce qu'il pensait des hommes.
y. ^. Car , à l'égard du cœur , il en faut mieux juger.
Cest-là un trait charmant d'amitié , de ne pas croire à Poubli ^ aux torts y au refroidissement de ses amis.
y. 134. A qui donner le prix ^ au cmur , si l'on m'en croit.
C'est donc La Fontaine qui aura ce prix , car on ne peut mieux prendre le ton du cœur qu'il ne le prend dans ce dernier morceau. II rappelle en quelque sorte celui qui termine la fable des deux amis^ celle des deux pigeons. Mais le sujet ne permettait pas une effusion de sentimens aussi touchante. Il y a entre ce morceau et les deux que je cite la même différence qui se trouve entre l'intérêt d'une société aimable et le charme d*une amitié parfaite.
Il paraît que cette fable avait été laissée dans le porte-feuille de l'auteur , et qu'elle était faite depuis long-temps ; car il y parle un peu d'amour y ce qui eût été ridicule à l'âge où il était quand ce douzième livre parut. Au reste , peut-être n'y regardait-il pas de si près ; peut-être croyait-il que tant que l'àme éprouve des sentimens y elle peut les énoncer avec franchise. Il ne songeait point à une vérité triste qu'un autre poète a depuis La Fontaine exprimée dans un rers très-heureux 9 la voici :
Quand on n'a que son cmur, il faut s'alier cacher» Fablx Xyi, page aa^.
y. 5. L'homme enfin la prie humblement»
Pourquoi cette prière si humble 1 Pourquoi l'homme n'arrachait-il
3S4 Notes, Liv. XII.
pas une branclie \ Cela n^est pas motivé. D*ai11eurs la morale de cet Apologue rentre dans celui du cerf et de la vigne , qui est beaucoup meilleur. ( Liyre 5 , fable i5. )
Fablb Xyil, page aa6.
y. 1. Un renard jeune encor , . . . Même défaut dans cet Apologue que dans le précédent. C'est presque la même chose que celui Ju loup et du cheval^ ( livre 5 , fable 8. ) Il est rrai qu'il a une le^on de plus y celle de la vanité punie.
y. a5. Le loup , par ce discours flatté y S'approcha « mais sa ranité Lui coûta quatre dents y eu, . .
L'avantage aussi que La Fontaine a trouvé en introduisant ici un acteur de plus qu'en l'autre y c'est de faire débiter la morale par le renard , au lieu que dans l'autre fable , le loup se la débite à lai-méme malgré le mauvais état de sa mâchoire.
PABX.S XyiII, page aa/.
y. 3. Le perfide ayant fait tout le tour du rempart ^
Cette fable est jolie et bien contée , mais elle aura peu d'applications ) tant qu'il sera vrai de dire qu'on ne guérit pas de la peur.
Fable XIX, page aa8.
y. 1. H est un singe dans Paris y
Comment est-il possible que La Fontaine ait fait une aussi mauvaise petite fable î Comment ses amis la lui ont-ils laissé mettre dans ce recueil ? Un singe qui bat sa femme , qui v«i à la taverne , qui s'enivre : qu'est-ce que cela signifie 1 et quel rapport cela a-t-il avec les mauvais auteurs l Le froid imitateur , le plagiaire même d'un grand écrivain peut d'ailleurs n'être ni msiuvais mari , ni mauvais père , ni ivrogne , etc. enfin ne faire nul tort à la société , que de l'excéder d'ennui.
Fable X X , page 229.
y. 1. Un philosophe austère y .... Apr^s une mauvaise petite piùce ) en voici une excellente. Ce n'est point à la vérité un Apologue , mais une fort bonne lejon de morale y et plusieurs vers sont admirables *, tels sont ceux-ci :
y. 4* Un sage asse^ semblable au vieillard de Virgile,
Notes, Liv. XI L 355
Homme égalant Ut rois, homme approchant des dieux. Et t comme ces^demiers , satisfait et tranquille»
Tel est encore le dernier :
Ils font cesser de vivre avant que l'on soit mort,
pliais ce qui est au-dessus de tout y c^est ce trait de poésie vive et animée y qui suppose que des arlires coupes 9 et y pour ainsi dire y mis à mort y vont revivre sur les bords du Stix.
V. 17. Laisse^ agir la faux du temps: Ils iront asse^-tCt border le noir rivage.
Nul poëte n*est plus hardi que La Fontaine , mais ses hardiesses sont si naturelles 9 que très-souvent on ne s*en apper^oit pas y ou du moins on ne voit pas à quel point ce sont des hardiesses. Ccstcc qu^on peut dire aussi de Racine.
Fable XXI, page a3i.