‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 165 sur 394 · LE SOLEIL ET LES GRENOUILLES · texte numérisé non relu

LE SOLEIL ET LES GRENOUILLES

Aux noces d'un tyran tout le peuple en liesse 1

Noyait son souci dans les pots.

Ésope seul trouvait que les gens étaient sots

De témoigner tant d'allégresse.

Le Soleil, disait-il, eut dessein autrefois

De songer à l'hyménée.

Aussitôt on ouït, d'une commune voix,

Se plaindre de leur destinée

Les citoyennes des étangs.

Que ferons-nous s'il iui vient des enfants? Dirent-elles au Sort ; un seul Soleil à peine

Se peut souffrir : une demi-douzaine Mettra la mer à sec et tous ses habitants. Adieu joncs et marais : notre race est détruite,

Bientôt on la verra réduite À l'eau du Styx. Pour un pauvre animal, Grenouilles, à mon sens, ne raisonnaient pas mal,

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