‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 166 sur 394 · LE VILLAGEOIS ET LE SERPENT · texte numérisé non relu

LE VILLAGEOIS ET LE SERPENT

Ésope conte qu'un man«nt, Charitable autant que peu sage,

1 Réjouissance.

Un jour d'hiver se promenant

A l'entour de son héritage, Aperçut un serpent sur la neige étendu, Transi, gelé, perclus, immobile, rendu,

N'ayant pas à vivre un quart d'heure.

Le villageois le prend, l'emporte en sa demeure Et sans considérer quel sera le loyer 1

D'une action de ce mérite,

Il l'étend le long du foyer,

Le réchauffe, le ressuscite.

L'animal engourdi sent à peine le chaud, Que l'âme lui revient avecque la colère. 11 lève un peu la tête, et puis siffle aussitôt ; Puis fait un long repli, puis tâche à faire un saut Contre son bienfaiteur, son sauveur et son père. Ingrat, dit le manant, voilà donc mon salaire! Tu mourras! A ces mots, plein d'un juste courroux, Il vous prend sa cognée, il vous tranche la bête ;

11 fait trois serpents de deux coups,

lLa récompense.

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