‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 167 sur 394 · LE LION MALADE ET LE RENARD · texte numérisé non relu

LE LION MALADE ET LE RENARD

De par le roi des animaux,

Qui dans son antre était malade,

Fut fait savoir à ses vassaux

Que chaque espèce en ambassade

Envoyât gens le visiter ;

Sous promesse de bien traiter

Les députés, eux et leur suite,

Foi de lion, très-bien écrite :

Bon passe-port contre la dent,

Contre la griffe tout autant.

L'édit du prince s'exécute :

De chaque espèce on lui députe.

Les renards gardent la maison ;

Un d'eux en dit cette raison :

Les pas empreints sur la poussière Par ceux qui s'en vont faire au malade leur cour Tous, sans exception, regardent sa tanière -

Pas un ne marque de retour :

Cela nous met en méfiance.

Que sa majesté nous dispense :

Grand merci de son passe-port.

Je le crois bon : mais dans cet antre

Je vois fort bien comme l'on entre,

Et ne vois pas comme ™ en sort.

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