‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 176 sur 394 · LIVRE VI. FABLE XXI · texte numérisé non relu

LIVRE VI. FABLE XXI

Je ne dis pas que tout à l'heure

Une condition meilleure

Change en des noces ces transports ; Mais après certain temps souffrez qu'on vous propose In époux beau, bien fait, jeune, et tout autre chose Que le défunt. Ah ! dit-elle aussitôt,

Un cloitre est l'époux qu'il me faut.

Le père lui laissa digérer sa disgrâce.

Un mois de la sorte se passe ; L'autre mois on l'emploie à changer tous les jours Quelque chose à l'habit, au linge, à la coiffure :

Le deuil sert enfin de parure,

En attendant d'autres atours.

Toute la bande des Amours Revient au colombier; les jeux, les ris, la danse,

Ont aussi leur tour à la fin ;

On se plonge soir et matin

Dans la fontaine de Jouvence.

Le père ne craint plus ce défaut tant chéri : Mais comme il ne parlait de rien à notre belle :

Où donc est le jeune mari

Que vous m'avez promis? dit-elle.

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