LIVRE VU FABLE VI
Voyez un peu la belle espèce !
L'un n'avait en l'esprit nulle délicatesse; L'autre avait le nez fait de cette façon-là
C'était ceci, c'était cela ;
C'était tout, car les précieuses
Font dessus tout les dédaigneuses.
Après les bons partis, les médiocres gens
Vinrent se mettre sur les rangs.
Elle de se moquer. Ah ! vraiment je suis bonne De leur ouvrir la porte ! Ils pensent que je suis
Fort en peine de ma personne :
Grâce à Dieu, je passe les nuits
Sans chagrin, quoique en solitude.
La belle e sut gré de tous ces sentiments. L'âge la fit déchoir : adieu tous les amants. Un an se passe; et deux avec inquiétude 1 Le chagrin vient ensuite ; elle sent chaque jour Déloger quelques Ris, quelques Jeux, puis l'Amour.;
Puis ses traits choquer et déplaire ; Puis cent sortes d^ fards. Ses soins ne purent faire Qu'elle échappât au Temps, cet insigne larron.
Les ruines d'une maison Se peuvent réparer : que n'est cet avantage
Pour les ruines du visage !
Sa préciosité changea lors de langage.
Son miroir lui disait : Prenez vite un mari. Je ne sais quel désir le lui disait aussi : Le désir peut loger chez une précieuse. Celle-ci lit un choix qu'on n'aurait jamais cru, Se trouvant à la fin tout aise et tout heureuse
De rencontrer un malotru.