‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 211 sur 394 · LA MORT ET LE MOURANT · texte numérisé non relu

LA MORT ET LE MOURANT

La Mort ne surprend point le sage,

Il est toujours prêt à partir,

S'étant su lui-même avertir Du temps où l'on se doit résoudre à ce passage.

Ce temps, hélas ! embrasse tous les temps : Qu'on le partage en jours, en heures, en moments,

11 n'en est point qu'il ne comprenne Dans le fatal tribut ; tous sont de son domaine, Et le premier instant où les enfants des rois

Ouvrent les yeux à la lumière

Est celui qui vient quelquefois

Fermer pour toujours leur paupière.

Défendez-vous par la grandeur ; Alléguez la beauté, la vertu, la jeunesse ;

La Mort ravit tout sans pudeur ; njour le monde entier accroîtra sa richesse.

11 n'est rien de moins ignoré ;

Et, puisqu'il faut que je le die,

Rien où Ton soit moins préparé.

Un mourant, qui comptait plus de cent ans de vie, Se plaignait à la Mort que précipitamment Elle le contraignait de partir tout à l'heure.

Sans gu'il eût fait son testament,

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