‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 235 sur 394 · L'HOROSCOPE · texte numérisé non relu

L'HOROSCOPE

On rencontre sa destinée Souvent pas des chemins qu'on prend pour l'éviter.

Un père eut pour toute lignée Un fils qu'il aima trop, jusques à consulter

Sur le sort de sa géniture

Les diseurs de bonne aventure.

Un de ces gens lui dit que des lions surtout Il éloignât l'enfant jusques à certain âge ;

Jusqu'à vingt ans, point davantage.

Le père, pour venir à bout, D'une précaution sur qui roulait la vie De celui qu'il aimait, défendit que jamais On lui laissât passer le seuil de son palais. U pouvait, sans sortir, contenter son envie, Avec ses compagnons tout le jour badiner,

Sauter, courir, se promener.

Quand il fut en Tâge où la chasse

Plaît le plus aux jeunes esprits,

Cet exercice avec mépris

Lui fut dépeint ; mais, quoi qu'on fasse,

Propos, conseil, enseignement,

Rien ne change un tempérament.

Le jeune homme, inquiet, ardent, plein de courage, A peine se sentit des bouillons d'un tel âge

Qu'il soupira pour ce plaisir.

Plus l'obstacle était grand, plus fort fut le désir. Il savait le sujet des fatales défenses ; Et comme ce logis, plein de magnificences,

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