‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 238 sur 394 · L'ANE ET LE CHIEN · texte numérisé non relu

L'ANE ET LE CHIEN

Il se faut entr'aider ; c'est la loi de nature.

L'âne un jour pourtant s'en moqua;

Et ne sais comme il y manqua,

Car il est bonne créature.

11 allait par pays, accompagné du chien,

1 Planète de ce nom.

Gravement, sans songer à rien ;

Tous deux suivis d'un commun maître.

Ce maître s'endormit. L'àne se mit à paitre :

Il était alors dans un pré

Dont l'herbe était fort à son gré.

Point de chardons pourtant ; il s'en passa pour l'heure Il ne faut pas toujours être si délicat;

Rarement un festin demeure.

Notre baudet s'en sut enfin Passer pour cette fois. Le chien, mourant de faim, Lui dit : Cher compagnon, baisse-toi, je te prie : ■le prendrai mon diné dans le panier au pain. Point de réponse ; mot 1 : le roussin d'Arcadie

Craignit qu'en perdant un moment

Il ne perdit un coup de dent.

Il fit longtemps la sourde oreille.

Enfin il répondit * Ami, je te conseille D'attendre que ton maître ait fini son sommeil ^ Car il te donnera sans faute à son réveil ;

Ta portion accoutumée :

Pas un moi .

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