‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 237 sur 394 · LIVRE VIII. FABLE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. FABLE XVII

L'un d'eux porte le sceptre, et l'autre la houlette.

Jupiter 1 le voulait ainsi.

Qu'est-ce que Jupiter ? un corps sans connaissance.

D'où vient donc que son influence Agit différemment sur ces deux hommes-ci ? Puis comment pénétrer jusques à notre monde? Comment percer des airs la campagne profonde ? Percer Mars, le Soleil et des vides sans fin? Un atome la peut détourner en chemin : Où l'iront retrouver les faiseurs d'horoscope?

L'état où nous voyons l'Europe Mérite que du moins quelqu'un d'eux Tait prévu : Que ne l'a-t-il donc dit? Mais nul d'eux ne l'a su. L'immense éloignement, le point, et sa vitesse,

Celle aussi de nos passions,

Permettent-ils à- leur faiblesse De suivre pas à pas toutes nos actions ? Notre sort en dépend : sa course entresuivie Ne va, non plus que nous, jamais d'un même pas;

Et ces gens veulent au compas

Tracer le cours de notre vie I

Il ne se faut point arrêter Aux deux faits ambigus que je viens de conter. Ce fils par trop chéri, ni le bon homme Eschyle, N'y font rien : tout aveugle et menteur qu'est cet arf, Il peut frapper au but une fois entre mille ;

Ce sont des effets du hasard.

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