‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 253 sur 394 · LES DEUX CHIENS ET L'AN E MORT · texte numérisé non relu

LES DEUX CHIENS ET L'AN E MORT

Les vertus devraient être sœurs,

Ainsi que les vices sont frères.

Dès que l'un de ceux-ci s'empare de nos cœurs, Tous viennent à la file ; il ne s'en manque guères : J'entends de ceux qui, n'étant pas contraires,

Peuvent loger sous même toit.

A l'égard des vertus, rarement on les voit Toutes en un sujet éminemment placées Se tenir par la main sans être dispersées. L'un est vaillant, mais prompt ; l'autre est prudent, mais Parmi les animaux, le chien se pique d'être [froid.

Soigneux et fidèle à son maitre ;

Mais il est sot, il est gourmand ; Témoin ces deux matins qui, dans l'éloignement, Virent un âne mort qui flottait sur les ondes, Le vent de plus en plus F éloignait de nos chiens. Ami, dit l'un, tes yeux sont meilleurs que les miens : Porte un peu tes regards sur ces plaines profondes : J'y crois voir quelque chose. Est-ce un bœuf, un cheval !

Eh î qu'importe quel animal?

DU l'un de ces matins ; voilà toujours curée. Le point est de l'avoir : car le trajet est grand; Et de plus il nous faut nager contre le vent.

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