‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 26 sur 394 · LE RENARD ET LA CIGOGNE · texte numérisé non relu

LE RENARD ET LA CIGOGNE

Compère le renard se mit un jour en frais, Et retint à dîner commère la cigogne.

Pour s'adresser, choisir.

Le régal fut petit et sans beaucoup d'apprêts :

Le galant, pour toute besogne, Avait un brouet clair; il vivait chichement. Ce bro. et fut par lui servi sur une assiette : La cigogne au long bec n'en put attraper miette ; Et le drôle eut lapé le tout en un moment.

Pour se venger de cette tromperie, A quelque temps de là, la cigogne le prie. Volontiers, lui dit-il ; car avec mes amis

Je ne fais point cérémonie.

A l'heure dite, il courut au logis

De la cigogne son hôtesse ,.

Loua très-fort sa politesse ;

Trouva le dîner cuit à point :

Bon appétit surtout ; renards n'en manquent point. Il se réjouissait à l'odeur de la viande Mise en menus morceaux et qu'il croyait friande.

On servit, pour l'embarrasser, En un vase à long col et d'étroite embouchure.

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