‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 27 sur 394 · LIVRE I. FABLE XX · texte numérisé non relu

LIVRE I. FABLE XX

Le ciel permit qu'un saule se trouva,

Dont le branchage, après Dieu, le sauva.

S'étant pris, dis— je, aux branches de ce saule.

Par cet endroit passe un maître d'école ;

L'enfant lui crie : Au secours ! je péris !

Le magister se tournant à ses cris,

D'un ton fort grave à contre-temps s'avise

De le tancer : Ah ! le petit babouin !

Voyez, dit-il, cù l'a mis sa sottise !

Et puis, prenez de tels fripons le soin !

Que les parents sont malheureux, qu'il faille

Toujours veiller à semblable canaille !

Qu'ils ont de maux ! et que je plains leur sort 1

Ayant tout dit, il mit l'enfant à bord.

Je blâme ici plus de gens qu'on ne pense. Tout babillard, tout censeur, tout pédant, Se peut connaître au discours que j'avance. Chacun des trois fait un peuple fort grand : Le Créateur en a béni l'engeance.

En toute affaire, ils ne font que songer

Au moyen d'exercer leur langue.

Eh ! mon ami, tire-moi de danger ;

Tu feras, après, ta harangue.

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