‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 334 sur 394 · LIVRE XI. FABLE Vil · texte numérisé non relu

LIVRE XI. FABLE Vil

Comme vous, et la violence, Peut-ctre en votre place ils auraient la puissance. Et sauraient en user sans inhumanité.

Celle que vos préteurs ont sur nous exercéo

N'entre qu'à peine en la pensée.

La majesté de vos autels

Elle-même en est offensée -,

Car sachez que les immortels Ont les regards sur nous. Grâces à vos exemples, Ils n'ont devant les yeux que des objets d'horreur,

De mépris d'eux et de leurs temples.

D'avarice qui va jusques à la fureur.

Rien ne suffit aux gens qui nous viennent de Rome :

La terre et le travail de l'homme Font, pour les assouvir, des efforts supcr^us.

Retirez-les : on ne veut plus

Cultiver pour eux les campagnes.

Nous quittons les cités, nous fuyons aux montagnes

Nous laissons nos chères compagnes ; Nous ne conversons 1 plus qu'avec des ours affreux, Découragés de mettre au jour des malheureux, Et de peupler pour elle un pays qu'elle opprime.

Quant à nos enfants déjà nés, Nous souhaitons de voir leurs jours bientôt bornés . Vos préteurs au malheur nous font joindre le crime. Retirez-les : ils ne nous apprendront

Que la mollesse et que le vice ;

Les Germains comme eux deviendront

Gens de rapine et d'avarice.

C'est tout ce que j'ai vu dans Rome à mon abord.

N'a-t-on point de présent à faire, Point de pourpre à donner ; c'est en vain qu'on espère Quelque refuge aux lois : encor leur ministère A-t-il mille longueurs. Ce discours un peu for*

Doit commencer à vous déplaire.

Je finis. Punissez de mort

Une plainte un peu trop sincère Nous n'habitons plus.

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