‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 361 sur 394 · A S. A. S. MONSEIGNEUR LE PRINCE DE CONT · texte numérisé non relu

A S. A. S. MONSEIGNEUR LE PRINCE DE CONT

Comme les dieux sont bons, ils veulent que les rois

Le soient aussi : c'est l'indulgence

Qui fait le plus beau de leurs droits,

Non les douceurs de la vengeance.

Prince, c'est votre avis. On sait que le courroux S'éteint en votre cœur sitôt qu'on l'y voit naitre. Achille, qui du sien ne put se rendre maître,

Fut par là moins héros que vous.

Ce titre n'appartient qu'à ceux d'entre les hommes Qui, comme en l'âge d'or, font cent biens ici-bas. Peu de grands sont nés tels en cet âge où nous sommes : L'univers leur sait gré du mal qu'ils ne font pas.

Loin que vous suiviez ces exemples, Mille actes généreux vous promettent des temples. Apollon, citoyen de ces augustes lieux, Prétend y célébrer votre nom sur sa lyre. 3e sais qu'on vous attend dans le palais des dieux °.

1 Allusion au plumage de la pie, qui est noir et blanc.

2 François-Louis, prince de la Roche-sur-Yon et de Conti, né à Paris en 1664, et mort en février 1709, l'un des protecteurs de la Fontaine.

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