LIVRE XII. FABLE XIII
En voulut au roi faire un don,
Comme de chose sinculière :
Ce cas n'arrive pas quelquefois en cent ans ; C'est le non plus ullrà de la fauconnerie. Ce chasseur perce donc un gros de courtisans, Plein de zèle, échauffé, s'il le fut de sa vie.
Par ce parangon 1 des présents
Il croyait sa fortune faite :
Quand l'animal porte-sonnette,
Sauvage encore et tout grossier,
Avec ses ongles tout d'acier, Prend le nez. du chasseur, happe le pauvre sire.
Lui de crier ; chacun de rire, Monarque et courtisans. Qui n'eût ri? Quant à moi, Je n'en eusse quitté ma part pour un empire.
Qu'un pape rie, en bonne foi Je ne l'ose assurer ; mais je tiendrais un roi
Bien malheureux s'il n'osait rire :
C'est le plaisir des dieux. Malgré son noir souci Jupiter et le peuple immortel rit aussi. Il en fit des éclats, à ce que dit l'histoire, thiand Vulcain, clopinant, lui vint donner à boire. Que le peuple immortel se montrât sage ou non, J'ai changé mon sujet avec juste raison ;
Car, puisqu'il s'agit de morale, (jue nous eût du chasseur l'aventure fatale Enseigné de nouveau? L'on a vu de tout temps Plus de sots fauconniers que de rois indulgents.