‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 365 sur 394 · LIVRE XII. FABLE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE XII. FABLE XIV

Il accusait les dieux, et trouvait fort étrange Que le sort à tel point le voulût affliger,

Et le fit aux mouches manger.

Quoi ! se jeter sur moi, sur moi le plus habile

De tous les hôtes des forêts !

Depuis quand les renards sont-ils un si bon mets ? Et que me sert ma queue? est-ce un poids inutile? Va, le ciel te confonde, animal importun i

Que ne vis-tu sur le commun !

Un hérisson du voisinage,

En mes vers nouveau personnage, Voulut le délivrer de l'importunité

Du peuple plein d'avidité :

Je les vais de mes dards enfiler par centaines, Voisin renard, dit-il, et terminer tes peines. Garde-t'en bien, dit l'autre ; ami, ne le fais pas . Laisse-les, je te prie, achever leur repas. Ces animaux sont soûls 1 ; une troupe nouvelle Viendrait fondre sur moi, plus âpre et plus cruelle.

Nous ne trouvons que trop de mangeurs ici-bas : Ceux-ci sont courtisans, ceux-là sont magistrats. Aristote appliquait cet apologue aux hommes.

Les exemples en sont communs,

Surtout au pays où nous sommes.

Plus telles gens sont pleins, moins ils sont importuns.

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