‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 377 sur 394 · LE RENARD ET LES POULETS DM N DE · texte numérisé non relu

LE RENARD ET LES POULETS DM N DE

Contre les assauts d'un renard Un arbre à des dindons servait de citadelle. Le perfide ayant fait tout le tour du rempart

Et vu chacun en sentinelle, S'écria : Quoi ! ces gens se moqueront de moi ! Eux seuls seront exempts de la commune loi ! Non, par tous les dieux ! non. Il accomplit son dire La lune, alors luisant, semblait contre le sire Vouloir favoriser la dindonnière gent.

Lui, qui n'était novice au métier d'assiégeant, Eut recours à son sac de ruses scélérates, Feignit vouloir gravir, se guinda3 sur ses patte^ Puis contrefit le mort, puis le ressuscité.

Arlequin n'eût exécuté

Tant de différents personnages.

Il élevait sa queue, il la faisait briller,

1 Décorhe.

2 Abîmé.

3 S'éleva.

Et cent mille autres badinages.

Pendant quoi nul dindon n'eût osé sommeiller. L'ennemi les lassait en leur tenant la vue

Sur même objet toujours tendue.

Les pauvres gens étaient à la longue éblouis, Toujours il en tombait quelqu'un ; autant de pris, Autant de mis à part : près de moitié succombe Le compagnon les porte en son garde-manger. Le trop d'attention qu'on a pour le danger Fait le plus souvent qu'on y tombe.

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