‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 381 sur 394 · UN FOU ET UN SAGE · texte numérisé non relu

UN FOU ET UN SAGE

Certain fou poursuivait à coups de pierre un sage. Le sage se retourne et lui dit : Mon ami, C'est fort bien fait à toi, reçois cet écu-ci. Tu fatigues assez pour gagner davantage ; Toute peine, dit-on, est digne de loyer 1 : Vois cet homme qui passe, il a de quoi payer ; Adresse-lui tes dons, ils auront leur salaire. Amorcé par le gain, notre fou s'en va faire

Même insulte à l'autre bourgeois.

On ne le pay? pas en argent cette fois ; Maint estafier accourt : on vous happe notre homme,

On vous Téchine, on vous l'assomme.

Auprès des rois il est de pareils fous : A vos dépens il font rire le maître.

Pour réprimer leur babil, irez-vous Les maltraiter ? Vous n'êtes pas peut-être Assez puissant. Il faut les engager A s'adresser à qui peut se venger.

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