‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 392 sur 394 · LIVRE XII. FABLE XXVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XII. FABLE XXVIII

L'on ne le peut qu'aux lieu.c pleins de tranquillité , Chercher ailleurs ce bien est une erreur extrême.

Troublez l'eau ; vous y voyez-vous?

Agitez celle-ci. — Comment nous verrions-nous?

La vase est un épais nuage Qu'aux effets du cristal nous venons d'opposer. Mes frères, dit le saint, laissez-la reposer,

Vous verrez alors votre image.

Pour vous mieux contempler, demeurez au désert.

Ainsi parla le solitaire.

I fut cru, Ton suivit ce conseil salutaire.

Ce n'est pas qu'un emploi ne doive être souffert. Puisqu'on plaide et qu'on meurt, et qu'on devient malade, Il faut des médecins, il faut des avocats : Ces secours, grâce à Dieu, ne nous manqueront pas Les honneurs et le gain, tout me le persuade. Cependant on s'oublie en ces communs besoins. Ovous, dont le public emporte tous les soins,

Magistrats, princes et ministres, Vous que doivent troubler mille accidents sinistres, Que le malheur abat, que le bonheur corrompt, Vous ne vous voyez point, vous ne voyez personne. Si quelque bon moment à ces pensers vous donne,

Quelque flatteur vous interrompt.

Cette leçon sera la fin de ces ouvrages : Puisse-t-elle être utile aux siècles à venir ! Je la présente aux rois, je la propose aur. sages Par où saurais-je mieux finir?

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