‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 65 sur 394 · LIVRE III. FABLE III · texte numérisé non relu

LIVRE III. FABLE III

Ceci peut s'appliquer à la grandeur royale. Elle reçoit et donne, et la chose est égale. Tout travaille pour elle, et réciproquement

Tout tire d'elle l'aliment.

Elle fait subsister l'artisan de ses peines, Enrichit le marchand, gage le magistrat, Maintient le laboureur, donne paye au soldat, Distribue en cent lieux ses grâces souveraines,

Entretient seule tout l'État.

Ménénius le sut bien dire. La commune s'allait séparer du sénat.

Les mécontents disaient qu'ils avaient tout l'empire, Le pouvoir, les trésors, l'honneur, la dignité, Au lieu que tout le mal était de leur côté, Les tributs, les impôts, les fatigues de guerre. Le peuple hors des murs était déjà posté, La plupart s'en allaient chercher une autre terre,

Quand Ménénius leur fit voir

Qu'ils étaiant aux membres semblables, Et par cet apologue, insigne entre les fables,

Les ramena dans leur devoir.

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