‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 79 sur 394 · LE LION DEVENU VIEUX · texte numérisé non relu

LE LION DEVENU VIEUX

Le lion, terreur des forêts, Chargé d'ans et pleurant son antique prouesse, Fut enfin attaqué par ses propres sujets,

Devenus forts par sa faiblesse.

Le cheval s'approchant lui donne un coup de pied ; Le loup, un coup de dent ; le bœuf, un coup de corne. Le malheureux lion, languissant, triste et morne, Peut à peine rugir, par l'âge estropié. 11 attend son destin, sans faire aucunes nlaintes,

Quand voyant Fane même à son antre accourir : Ah ! c'est trop, lui dit-il, je voulais bien mourir ; Mais c'est mourir deux fois que souffrir tes atteintes.

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