‹ Fables de J. de La FontaineChapitre 80 sur 394 · PHILOMÈLE ET PROGNÉ · texte numérisé non relu

PHILOMÈLE ET PROGNÉ

Autrefois Progné l'hirondelle

De sa demeure s'écarta,

Et loin des villes s'emporta Dans un bois où chantait la pauvre Philomèle. Ma sœur, lui dit Progné, comment vous portez-vous ? Voici tantôt mille ans que l'on ne vous a vue : Je ne me souviens point que vous soyez venue, Depuis le temps de Thrace, habiter parmi nous.

Dites-moi, que pensez-vous faire ?

Ne quitterez-vous point ce séjour solitaire ? Ah ! reprit Philomèle, en est-il de plus doux ? Progné lui repartit : Eh quoi ! cette musique,

Pour ne chanter qu'aux animaux,

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